Lundi 23 juin 2008

Nuit de la fête de la musique avec Desperate Housewife. Depuis le temps que j’attendais de ses nouvelles. Elle avait de bonnes raisons de. Bunny a disparu de la surface de la terre entre temps. Enfin non, mais comme elle n’a pas donné signe de vie, j’en ai conclu qu’elle s’était fait aspirer par une soucoupe volante. Non, mes conclusions ne sont pas si hâtives que ça. Je lui ai laissé cent-cinquante messages (ou un peu moins) et rien. J’espère qu’il n’y a rien de grave. Ben oui, c’est que je m’inquiète, du coup. C’est pas comme si on devait se voir. C’est pas comme si on devait s’appeler pour se fixer rendez-vous.

Evidemment, Desperate Housewife m’a appelée alors que j’attendais le train pour me dire qu’elle serait très en retard. Mais qu’elle ne savait pas à quelle heure elle arriverait. Qu’elle m’appellerait quand elle pourrait rejoindre le centre du monde. J’ai pris le train quand même. La flemme de remonter. Le mascara waterplouf qui dégoulinait sur mes joues. La panda attitude, c’est trop la classe. Les gouttes de sueur qui perlaient à travers le fond-de-teint-anticerne-poudre-poudre-et-repoudre. Non, elle n’est pas blanche, celle-là. Je me suis retrouvée dans le centre du monde en dix minutes. Il n’est pas si loin que ça. Mais il y a le centre du monde et le reste du monde. Dès qu’on dépasse le périph’.

Je me retrouve dans le centre du monde sans trop savoir quoi faire ni combien de temps j’ai devant moi. N’ayant pas eu de nouvelles de Tarabas entre temps, une idée commence à germer dans mon esprit. Mais je me raisonne et j’en cherche une autre. Sauf que. J’envoie quand même un message à tout hasard. Sur l’air de « je passais dans le coin ». En fait pas du tout. Si ça c’est pas raisonnable. Et puis, toujours aussi raisonnablement, il me répond. Passe chez moi, si tu veux. Il est à l’autre bout de la ligne, j’y suis en vingt minutes. Je ne mentais qu’à moitié. J’ai juste traversé le centre du monde en vingt minutes.

Dix minutes plus tard, je sirotais mon kir à la violette sur ce canapé. Duquel j’ai écris de nombreux articles de ce blog, à moitié nue. Oui, j’ai écris la plupart des articles de ce blog à moitié nue. Ou complètement d’ailleurs. J’écris dans la tenue que je veux, non mais. Conversation à base de « qu’est-ce que tu deviens ? ». Forcément. Ça me fait plaisir de te revoir, tout ça. Ça te dit de regarder le match ? Carrément. En fait pas du tout. Je préfèrerais de sauter dessus. J’ai du penser trop fort. On a rien fait. Enfin pas grand-chose. Euh un peu plus que pas grand-chose. Oui bon d’accord, ça va, on a compris. Si j’avais dit de qui il s’agissait, je me serais fait lapider à coup de betteraves et d’œufs pourris. On ne recouche pas avec ses ex, tout ça. Surtout avec celui-là. Parce que je parle de Ministal. Desperate Housewife a du sentir quelque chose puisqu’elle m’a rappelée juste au moment où. Si elle savait.

J’ai réussi à la détourner du lieu de rendez-vous initial. Rendez-vous place Monge dans trois-quarts d’heure. Tout va bien, on a toute la demi-heure qui suit devant nous. Pour s’arrêter et se demander si c’était une bonne idée. Desperate Housewife, sache que je te hais. Je l’ai retrouvée à la sortie du métro pour rejoindre ma place préférée. Pas loin de mon glacier préféré. Elle était avec une amie. Et elles avaient attaqué la soirée à coup de jus d’orange amélioré. T’as soif ? Avec cette chaleur, tu penses bien que. J’ai bien descendu la bouteille. Sauf que je tiens mal le rhum. Un groupe qui reprenait (mal) Tryo. On n’est pas obligées de rester là. Un autre groupe. Ça a l’air pas mal. Z’ont fait une assez bonne reprise de Hey oh let’s go. Ça reste une reprise, hein. Evidemment, les Ramones ça me parle plus que Tryo.

Et puis on décide de bouger. D’aller vers Saint-Michel. Quand on tombe sur les petits chanteurs à la croix de bois ou assimilés qui chantaient du U2 à la gloire du Christ. Si, si. Sauf qu’ils ont pas pris la plus facile de U2. Pride. Et qu’ils y allaient à fond. Je peux vous dire que leur « in the naaame of looove » faisait mal. Très mal. On biberonne le jus d’orange amélioré pour oublier. Je reconnais les accords d’un morceau de Nirvana. Et puis je me dis que ça peut pas être ça. Que ça y ressemble vaguement quand même. On s’approche. Effectivement, c’est bien du Nirvana. Un carnage. On sillonne le centre du monde. Red Hot ou pas ? Ou pas. On s’arrête vers le pont des arts pour biberonner et fumer une clope. C’est que c’est fatiguant tout ça. On termine la bouteille. On se met à la recherche d’une épicerie. Pour avoir de quoi la remplir.
On va rejoindre des amis à l’amie vers la place Colette. Et puis on repart vers Notre-Dame. Et puis aller-retour à Saint-Michel. Et puis on termine sur les quais. A marcher. A s’asseoir. A repartir. A se chercher. A fumer. A choper quelques bières. A repartir. Je me brûle la main en essayant d’effriter une micro-boulette. J’suis pas en état de rouler, bordel. A moins que vous ne vouliez une chaussette ?

J’en ai plein les jambes. Une demoiselle débarque en plein concours de rots et commence à me draguer. Elle veut me prendre en photo. Parce qu’elle me trouve magnifique. Tout ça. Ah non, là ce n’est pas le moment. Je commence à être un peu défoncée. Voilà qu’elle devient tactile. J’ai chaud. Il fait lourd. Je suis toute moite. J’ai pas envie qu’une inconnue me tripote. Et pourquoi pas. Elle me répète qu’elle me trouve très belle. Ça suffit maintenant, arrête de te foutre de ma gueule, j'ai des yeux de panda, injectés de sang, j’ai chaud. Et l’ami Benetint n’est plus pour grand-chose dans le rose de mes joues. Et elle décide de me montrer comment elle embrasse. Je ne suis plus tout à fait aux commandes de moi-même quand je suis défoncée. Dire que j’étais en train de gagner le concours de rots. Non, je ne suis pas une princesse.



Météo intérieure : Chaleur moite

Dans les oreilles
 :
Otis Redding - The Dock of The Bay

Sous les yeux
 :
Du mascara

Par Zizanie - Publié dans : Soliloques
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