Dimanche 4 janvier 2009

Les minutes qui s'égrainent. L'odeur de sa peau humide. Ne pas savoir aimer. Ne pas savoir être aimée.

Pour
rouler au hasard, il faut être seul. Dès qu'on est deux, on va toujours quelque part.
(Alfred Hitchcock)

Sauf que. Non. On ne va nulle part. On est seuls. On est deux. On est deux
seuls. On baise, on rit, on joue. On n'est pas un couple. Je ne veux pas être un couple. S'il part, je ne le retiendrai pas.

Attention, j'ouvre la séquence de trop : la psychanalyse par les séries télé. On atteint des sommets. Schtroumpf grognon dans le rôle de Docteur Camisole. Qui me fait comprendre pourquoi Brian. Pourquoi je trouve que c'est le personnage le plus intéressant. Parce que dans ce personnage, il y a un peu beaucoup de moi. Oui on est d'accord, c'est un personnage de série quelconque. Non, ce n'est pas son sex-appeal que je trouve intéressant. J'en ai même rien à foutre. C'est sa faille, derrière son sourire de façade. Derrière sa nonchalance. Une partie de moi aurait envie de lui dire : Ne craque pas, ne change pas, tu vas te faire bouffer si tu laisses transparaitre quoique ce soit. Ta liberté est plus
précieuse que quiconque. Et la petite voix aurait envie de lui répondre : A quoi bon être libre s'il n'est plus là pour te donner des ailes ? Ta gueule, la petite voix. Je savais que cette histoire de Brian était une mauvaise idée. Comment prendre du recul en analysant un personnage fictif. L'identification, tout ça. C'est n'importe quoi.
Et Schtroumpf grognon de me demander si je pense que Michael est réversible.
Ben oui. Je crois même que Debbie en parle à un moment.

Je ne sais pas où je veux aller. Je ne sais pas dans quelle direction je veux regarder. Je ne sais pas ce que je dois faire avec Tarabas.
Parce que c'est de lui qu'il s'agit. Comme tu t'en doutais.
Tarabas, la grande question de mon existence.
Tarabas, le seul être qui me donne envie d'essayer. Et envie de fuir en même temps.

Je mesure la chance que j'ai. D'avoir pu vivre tout ça. La plupart des gens n'en vivront même pas le dixième. Ça va faire quoi, huit ans. Un truc comme ça. On n'est plus à un an près. Et c'est long. Surtout à dix-sept ans. Parce que je vous vois déjà venir. Ce sera aussi mes septièmes dix-sept ans. Non, non, et non. J'en ai rien à foutre. Trouver deux personnes encore ensemble au bout de huit ans, c'est pas impossible. Trouver deux personnes qui se font encore frissonner au bout de huit ans, c'est plus difficile. C'est même rare.
Précieux.
Non, on n'est pas un couple et je ne veux pas qu'on le soit. Et je sais qu'il arrivera un jour où, il aura envie d'autre chose. Parce que je l'ai toujours su. Qu'il a son putain de modèle parental ancré dans la tête. Ah non, c'est certain, son modèle parental, il ira le chercher ailleurs. Pour lui, c'est important de se marier, que les enfants aient le même nom, tout ça. Peut-être. Sauf que. Moi, je n'en veux pas des enfants.
Vraiment. C'est pas une réponse d'ado anticonformiste. Je sais pourquoi je n'en veux pas. Je ne veux pas leur imposer ça. Parce que non, je ne trouve pas que ce soit une chance, de vivre. Je n'aime pas vivre. Je suis déjà un danger pour moi-même, alors tu me vois avec une progéniture ? Et que je ne veux pas de ton nom. Je ne veux déjà pas du mien. Ta gueule. Tu vois, tu me fais peur. Je suis bien trop jeune pour tout ça. Regarde-moi, je suis une gamine, bordel. Juste une gamine. Et je ne veux rien être d'autre. Qu'est-ce que tu racontes ? Tu vois bien que c'est pas possible.
Tu peux bien me faire frissonner, qu'est-ce que ça change ?
Où est-ce qu'on va ?
Je n'irai pas.

Je n'ai pas besoin de tes espoirs, je ne sais que faire des miens. J'ai encore besoin de ton miroir, pour voir si mes ailes me vont bien. Et la couleur de mes plumes. La noirceur de mes idées. La blancheur de la
poussière de fée.
Quand est-ce que tu t'en vas, dis ? Quand est-ce que tu me laisses ? Les arracher une à une. Rouge cicatriciel.
Et puis, ça arrivera quand ça arrivera. Je ne sais même pas où je vais. Je n'ai pas besoin de me projeter. J'en suis incapable. Ne perds pas ton temps à me raconter ton avenir. Et baise-moi.
Il n'y a que comme ça qu'on se comprend. Il n'y a que comme ça qu'on se parle. Vraiment. Il y a ce que je te dis et ce que tu entends. Il y a ce que tu me dis et ce que je refuse d'entendre.
Peu importe où l'on va.



Météo intérieure : Nuage

Dans les oreilles : Radiohead - I am Citizen Insane

Sous les yeux : Ann Scott -
Le pire des mondes

Par Zizanie - Publié dans : Soliloques
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