J'agonise. J'ai l'impression d'avoir un pneu autour du coup. Et plus d'essence.
Plaignez-moi.
Je déteste ne plus avoir un contrôle total sur mon corps. Je déteste être malade, je déteste être clouée au lit quand c'est imposé. Je déteste ne pas pouvoir crier, ne pas pouvoir chanter, ne pas
pouvoir m'exprimer sans m'étrangler.
C'est de sa faute. Je me vengerai. La prochaine fois, je lui ferai porter un masque. Peut-être bien que je m'enfermerai dans une bulle stérile (complètement nue, sinon c'est pas drôle).
Sinon. Je ne suis pas dans la merde. Midona voudrait autre chose. Je ne suis pas dans la merde. Oui, je sais, je me répète. Mais c'est pour essayer de m'en persuader. Midona voudrait
autre chose dans le sens de plus. Trop.
Surtout quand autre chose signifie foutre en l'air toutes mes valeurs, brader mes principes moraux, tout ça (comment ça, j'exagère ?).
Fait chier.
Bordel.
Ça pourrait être tellement plus simple.
Je pourrais n'en avoir rien à foutre d'elle.
Putain d'intuition féminine. Midona a senti que quelque chose se tramait derrière son dos. Elle n'a pas de preuve, seulement des doutes.
Résultat : Elle m'a fait comprendre qu'elle était vraiment trop à l'étroit dans ses neuf mètres carrés. Qu'elle aimerait bien déménager-emménager avec moi. Ah.
Le problème, c'est qu'elle a tous les arguments pour.
Putain.
Traduction : Elle aurait pu se transformer en connasse jalouse et me reprocher tout et n'importe quoi, elle est passée à l'attaque. J'admire.
Envie de hurler. Sauf que cette fois, ce ne sont pas les voisins qui y font obstacle. C'est ma foutue gorge.
Non mais elle m'énerve. Pas ma gorge. C'est que je m'y suis attachée, à cette couillonne. Rah, je me déteste. J'ai pas envie qu'elle se barre. Mais non, définitivement, il est hors de question
que je vive avec elle. Je n'ai même pas de question à me poser, c'est non. La question concerne plutôt la stratégie à adopter pour pas qu'elle me file entre les doigts. Ouais, parce que je me
connais, moi et mon habitude de tout faire à l'instinct, on va tout faire foirer.
Je suis définitivement lâche. Ce n'est pas la culpabilité, qui me pèse sur la conscience. C'est juste que ça m'emmerde de la perdre. Je vais tenter de la convaincre que je suis complètement
invivable et que c'est une mauvaise idée de vouloir vivre ensemble.
La connaissant, ça ne suffira pas. La connaissant, refuser, ce serait un peu comme dire non à une demande en mariage. Il y a une chance sur deux pour qu'elle l'accepte et le vive bien.
Sinon. Bah oui, faut bien passer à autre chose. Autant en profiter pour parler du truc qui a changé ma vie (ou quelques jours par mois de ma vie). Ça intéressera essentiellement les
nanas, je préviens. Ça veut pas dire que les castors, les oursins et les mecs n'ont pas le droit d'être curieux, hein. Juste que ça risque de pas les intéresser beaucoup, voire d'être un peu
sanglant. Surtout que notre éducation, très imprégnée de considérations religieuses bien ancrées, a plutôt tendance à nous faire penser que beurk, c'est crade, c'est tabou, c'est impur, faut
pas en parler, faut les cacher, beurk. Mais c'est tellement dément que j'ai décidé de faire de la propagande. Un peu comme pour le préservatif féminin. Bon, l'avantage du Fémidom, c'est que
je passe ma vie d'animatrice prévention à en parler, donc j'ai moins besoin de satisfaire mes envies de prêcher la bonne parole sur ce blog ou au milieu des dîners de famille. C'est pas un bon
exemple, Zizanie, ton dernier dîner de famille remonte à trois ou quatre ans. Ouais ben.
Donc, revenons à nos anglais, puisque c'est d'eux qu'il s'agit. Bref, donc attention : âmes sensibles s'abstenir (et fermer la page).
La période où tu passes ton temps à vérifier que le bleu de ton jean n'a pas viré au rouge. Qui évidemment arrive quand t'as pas de tampons sur toi, alors que t'en as tout le temps dans ton sac,
le reste du temps. Surtout qu'un tampon, c'est pas franchement très agréable à porter, ça assèche, c'est chimique, ça te laisse des résidus à l'intérieur (comment ça, je psychote pour pas grand
chose ?), bref c'est vicieux. Pour les serviettes, c'est pas mieux, c'est encore moins confortable, ça déborde, c'est contraignant, et pas moins chimique. Déjà que ça fait mal, qu'on doit
supporter de douloureuses contractions pendant plusieurs jours alors qu'on n'est même pas en train de mettre bas (ben oui, si encore y'avait un but à la clé). Oui, on est à plaindre.
Ben faut que je vous dise, il y a une troisième alternative (prendre la pilule en continu, ça compte pas, parce que moi, si j'ai pas mes règles, j'explose mon budget en tests de grossesse, moi un
peu beaucoup flippée à l'idée d'avoir un bulbe d'être humain planté dans l'utérus). La coupe menstruelle, ça s'appelle. Cup, de son petit nom. Il y a plusieurs fabricants, différents modèles, qui
ont chacun leurs avantages, je ne suis pas là pour faire de la pub. Ou alors si, pour ce site, assez complet. Mais
qu'est-ce que c'est que cette bête là ? Pour en dire deux mots, c'est une coupelle en silicone (souple, donc, même si de loin, ça peut faire penser à un doseur de lessive) qui s'insère dans le
vagin (donc ça peut ressembler à un doseur de lessive, on s'en fout, c'est pas pour faire joli, ou alors on parle de beauté intérieure), qui peut être portée jusqu'à douze heures, qui se
vide, se lave et se replace. C'est très agréable à porter, on ne la sent pas. Et magie, on ne la voit pas non plus. Pas de ficelle qui dépasse. Donc pour faire simple, tu peux jeter tes vieilles
culottes moches que tu gardais pour l'occasion, tu peux continuer à dormir nue, tu peux passer la journée sans devoir changer de protection (et découvrir que tu t'y es prise trop tard). Non,
décidément, faut lui ériger une statue, à ce truc.
Certes, il faut être à l'aise avec son corps, ne pas avoir peur d'y mettre les doigts (comme pour le Fémidon, par exemple, ou encore l'anneau contraceptif) et d'avoir parfois du sang sur les
mains (meuh non, je te pousse pas à commettre un crime, c'est du tien dont je parle, non c'est pas non plus un suicide). J'étais pas complètement convaincue parce que l'aspect écologique, c'est
bien mais ça ne fait pas tout, faut pas déconner. Les serviettes lavables, c'était hors de question, par exemple. Curieuse comme je suis, j'ai quand même voulu essayer. Et au bout de deux jours,
je n'envisageais plus une seconde de revenir aux protections jetables. Parce qu'elle a quand même fait fort, la petite cup, elle a quasiment réussi à me faire oublier mes règles. Enfin s'il n'y
avait pas ces putains de douleurs. Bref, je ne pouvais pas vous laisser passer à côté de ça. Lectrices un peu curieuses, allez d'abord jeter un œil sur le site. Si z'avez besoin de plus
d'arguments, j'en ai plein en stock. Ce blog n'étant pas un blog de consommateurs, de bons plans ou je ne sais quoi encore, je m'en tiens au strict minimum.
Et d'ailleurs, le strict minimum me fait dire que j'ai assez bafouillé aujourd'hui. Soit.
Météo intérieure : Éclairs
Dans les oreilles : Jacques Dutronc – On nous cache tout, on nous dit
rien
Sous les yeux : Facebeurk (oui, je sais, mes résolutions, aïe non, pas la
tête)