Vendredi 9 janvier 2009

Il fait un retour dans ma vie. Il le fait régulièrement. Quand je m'y attends le moins. Pour me montrer qu'il est encore là. Pour m'empêcher de passer à autre chose. Il appuie où ça fait mal. Pour que je ne l'oublie pas. J'ai beau me blinder, faire comme si. A chaque fois, je me liquéfie. J'ai beau me dire qu'il n'arrivera pas à me détruire, que je ne suis plus son jouet. Que je suis forte, qu'il n'a plus d'emprise sur moi. Je n'arrive pas à ne pas être affectée par ses apparitions.
Il ne peut rien contre toi, Zizanie. Il ne pourra rien faire, tu le sais bien. Ne te mine pas pour lui, c'est ce qu'il cherche. Respire. Ignore-le. N'entre pas dans son jeu. Voilà, c'est ça, souris.
Zappe, passe à autre chose.

J'ai du mal à écrire. Ma lente agonie, tout ça. Épisode trois. J'ai déjà du mal à penser, alors vous imaginez bien que je suis loin de vous pondre un article. Et puis, il me hantes. Difficile de faire abstraction des fantômes du passé. Surtout quand ceux-ci t'ont volé une partie de toi.
Je serre les dents. Sur ma peau.
Je m'occupe l'esprit comme je peux. En vidant mon compte bancaire. Pourtant, je ne sais toujours pas comment je vais payer le loyer. Je fais n'importe quoi. Pulsions. Auxquelles je résiste difficilement. C'est ça de connaître son numéro de carte par cœur. J'oublie des pans entiers de ma vie et je suis capable de retenir des détails sans importance. C'est tout moi. Je n'ai aucune notion du temps. Même en cherchant, je suis incapable de me souvenir des dates. Et même des années. Mais j'ai une excellente mémoire des visages.

Ces derniers temps, je n'arrête pas de rêver de Jiminy. J'ai aussi des flashs qui débarquent quand je suis éveillée. C'est perturbant. Et puis il y a mon collège. Qu'est-ce que j'ai pu détester cet endroit. Qu'est-ce que j'ai pu détester ce quartier. J'en garde très peu de souvenirs. Ou alors des murs bleus des toilettes. Dans lesquelles il s'est passé nombre de trucs incroyables. J'y ai fumé, pleuré, vomi et baisé. Ça résume mon adolescence. De la borne d'incendie devant la salle de musique. Devant laquelle on s'est amusés à faire un remake de Terminator avec mes béquilles. Du cours de latin dans lequel j'ai fait énormément de progrès en dessin. Le prof m'inspirait beaucoup, il avait une tête d'oiseau. Des cours de sports en allemand. Foutue classe européenne. Des pions qui nous hurlaient dessus pour qu'on descende du toit du préau. Les lycéens qui avaient le droit de griller leur clope dans une partie de la cour. Les roulages de galoches dans les escaliers. Les courses-poursuites avec cette connasse de conseillère d'éducation. Son surnom. La principale qui avait prédit à ma mère que j'allais me rétamer. Tous les enfants surdoués finissent par se planter. Avant le bac. Vous verrez, Madame Ravaska. La principale qui a voulu me faire redoubler ma troisième parce que je foutais plus rien. Parce que je ne passais mes journées dans les toilettes bleues. Quand j'y allais. Heureusement que ma prof principale s'y est opposée. Une jeune prof de biologie en sac à dos et baskets. Qui me suivait depuis la sixième. Quand j'avais dix-sept de moyenne en allemand. Oui, j'ai eu dix-sept de moyenne en allemand, un jour. Je propose ça comme épitaphe. Non, parce que je vous signale qu'aujourd'hui, je ne sais pas dire un mot dans la langue des Tokio Hotel. Ou alors si, un. Kartoffel. Je sais pas pourquoi, j'ai toujours trouvé ce mot marrant. Et puis ça peut être très utile, Kartoffel. Je vois pas vraiment dans quelles circonstances, mais j'aime à le croire.
Conclusion : elle avait raison. Sinon je serais actuellement en doctorat d'immunologie. Mon anniversaire qui approche me fout le bourdon. Et puis l'un de mes amis va fêter ses trente ans cette année. Ça aussi, ça me fout le bourdon.

Et puis, tant que j'y suis avec mes fantômes. J'ai eu des nouvelles de quelqu'un dont j'en attendais plus. Je ne sais plus si j'en avais déjà parlé. C'était il y a quatre ans. Mon stage pratique du BAFA. Et mon aventure avec le père d'un gamin qui faisait baver toutes mes collègues. De magnifiques yeux bleus, d'adorables bouclettes noires et un fessier de rêve. Le père, pas le gamin. Le gamin lui, faisait baver toutes les mômes du centre. Faut que je lui trouve un surnom. Il se peut qu'il en ait déjà un mais je ne m'en souviens pas. Et j'ai pas envie de me retaper la lecture de toutes les archives de ce blog pour le trouver. Oh et puis non, il n'aura pas de surnom. On verra plus tard, si ça s'avère indispensable à la compréhension des épisodes de ma vie. Et puis avec tout ça, j'ai raté Cas de divorce. Alors revenons à notre quadragénaire en déambulateur. Qui est en instance de divorce, justement. Son deuxième. Mariage qui a duré à peine deux ans. J'étais pas vraiment étonnée. Il s'était un peu précipité, à mon sens. Et, cerise sur le gâteau, il a perdu la garde alternée de son fils. Pauvre bichon, il m'a fait de la peine. Alors il m'a appelé, juste comme ça, pour voir ce que je devenais. Je ne pensais pas qu'il avait encore mon numéro. Ça fait bizarre. Les gens qui refont surface. C'était une histoire brève, qui a duré le temps de mon stage. Quelques semaines de plus. Ensuite, je suis rentrée sur Paris. Que des bons souvenirs. Pas de déchirements, juste une expérience agréable.



Météo intérieure
:
Grêle

Dans les oreilles
:
Cat Power – Maybe not

Sous les yeux
:
Une larme

Par Zizanie - Publié dans : Soliloques
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