« Non, je vous crois pas, vous êtes pas sérieusement ensemble. Vous ressemblez pas à
des lesbiennes. »
Et ça ressemble à quoi, des lesbiennes ?
Et encore, ça c'est quand on échappe au : « Je ne suis pas jaloux, ça me dérange pas. », suivi généralement d'un « J'ai toujours rêvé de faire l'amour avec deux filles. »
Euh. Il y a un truc que t'as pas compris.
Et sur le podium des phrases cultes, on ne peut décemment pas oublier l'énormissime « Je fais l'amour comme une femme. »
Euh là, il y a un truc que j'ai pas compris.
Ah, j'ai aussi eu droit une fois à : « C'est parce que t'as peur des hommes. »
Oui, oui, bien sûr. D'ailleurs je me casse, tu me fais trop peur.
Je n'avais pas le droit de garder pour moi ces magnifiques perles. Z'avez droit de vous marrez un coup, vous aussi.
La première anecdote date d'à peine quelques heures. Moi et ma grippe avons rampé jusqu'à une soirée organisée par une vague amie de Midona. Je vous épargnerai l'épisode Midona me pose un
ultimatum et je cède lamentablement. Parce ce que justement, c'est lamentable. Bref.
Évidemment, comme je suis un aimant à gros lourds et à cinglés, je n'ai pas échappé à celui-ci.
J'ai réussi à calmer les pulsions castratrices de Midona de justesse. C'était moins une pour son patrimoine génétique. Il est parti la queue entre les jambes, et sans réponse à sa question
existentielle (qui était, pour que vous ayez une vue globale du personnage « Vous utilisez quel objet et c'est qui qui fait l'homme ? » : j'allais pas vous priver de ça). Elle rigole
pas, ma blondasse. Qui s'est mise en tête de m'appeler sa promise. Eurk.
Moi, je m'en fous. Ça m'a toujours fait rire. Il me font plus pitié qu'il ne m'agacent.
Le but de la soirée étant, entre autre, d'obtenir une réponse à sa demande d'emménager ensemble. Tout ce que j'ai réussi à faire, c'est gagner du temps. En lui racontant que j'avais pas envie de
tout faire capoter, que j'étais pas encore prête et que je préférais qu'on attende un peu.
Je me foutrais bien des claques, tiens.
Enfin, tout ça n'était rien comparé au grand débat de la soirée : pain au chocolat versus chocolatine. Du lourd, je vous dit.
Je n'y ai pas participé parce que d'une, j'ai rien contre les langues étrangères. Je suis déjà bilingue marseillais, bilingue ch'ti et bilingue lorrain. Je ne suis plus à ça près. Non,
évidemment, j'assume pas du tout. Que ce soit le caillon dans mon salon pourtant clarteux, d'être en rade de schmers, de ranger mes courses dans un cornet, de
fermer la lumière avant de clancher la porte, de savoir que ce qui est chount est fin nul, de dire donne voir la télécommande ou regarde voir
si ma chaussure n'est pas sous le canapé, qu'on me traite de chteuf et d'acheter un escargot à la boulangerie. Surtout que j'aime pas les raisins secs. Et de deux, j'ai réglé le
problème : je n'en mange pas. Des viennoiseries.
Je me suis demandée comment j'avais fait pour en arriver là. Ne plus m'étonner des expressions qu'emploie Coloc', passe encore. Après toutes ces années. Mais d'en arriver à les utiliser, c'est
juste catastrophique. Je n'arrive pas à parler de ses potes sans mettre un article devant leurs prénoms. J'ai atteint des sommets quand j'ai raconté à Midona qu'un schmitt était entré
dans le magasin (tu sais, là où tu trouves des cornets), avait demandé au caissier étonné « tout va bien, rien de particulier ? » avant de sortir comme un cowboy. Et c'était
tellement surréaliste que j'en ai pleurais de rire. Surtout en voyant la tête du caissier qui essayait tant bien que mal de réprimer ses gloussements.
Comment garder mon légendaire snobisme parisien après ça ?
Tu vois, t'en apprends des trucs sur ce blog. Dora l'exploratrice peut aller se rhabiller.
On peut aussi parler de mes propres tics de langage (et il y en a beaucoup). Surtout que j'écris comme je parle, sur ce blog. Et je parle très mal. De toute façon, tout ce qui passe par ma bouche
est déformé. Je ne maitrise pas du tout ce que je dis avec mes cordes vocales. Je ne sais pas m'exprimer à l'oral. Je ne sais pas exprimer ce que je veux dire. Comme si j'emballais mes cadeaux
avec du papier journal froissé. Certaines personnes sont douées pour mettre des rubans autour de ce qu'elles racontent. Pas moi.
Du coup, une question (au moins existentielle) me trotte dans la tête. Quelles sont les expressions parisiennes qui paraissent incongrues au reste du monde ? Le reste du monde étant évidemment
tout ce qui se trouve de l'autre côté du périph'. Enfin s'il y en a. Et il doit y en avoir, je vois pas pourquoi on ferait exception. Si ça marche dans un sens, ça marche forcément dans l'autre.
Par conséquent, je compte sur toi, ami lecteur, pour m'éclairer. Je n'en dors plus de la nuit.
Météo intérieure : Rayon de soleil et froid polaire
Dans les oreilles : Ideal J – J'ai mal au coeur
Sous les yeux : Une Midona en train de cuver