Dimanche 11 janvier 2009

Je suis en miettes. Mais je prends ça avec le sourire. Je me suis donnée dix minutes pour m'écrouler. Maintenant, on passe à autre chose.

Bon allez, deux lignes pour vous expliquer le truc et après on n'en parle plus. Pour faire simple, Tarabas ne m'aime plus : il avait besoin que je sois heureuse pour tourner la page. Il y a toujours un truc entre nous, c'est indéniable. On pense la même chose au même moment, on est toujours aussi complices, on passe des heures à faire l'amour, on passe des heures à rire, on passe des heures à se parler. Accessoirement, il a viscéralement besoin de moi. Mais on n'est pas à égalité. Je l'aime à en crever, lui plus. Difficile à croire, et pourtant.
Et le pire dans tout ça, c'est que je ne peux pas me dire que c'est un connard fini. Il n'est plus amoureux, ça arrive à des gens très bien.

Ben oui, comme quoi. Notre histoire aussi avait une fin. Une vraie.
Huit ans après.
Et même si j'ai besoin de lui autant qu'il a besoin de moi, je ne suis pas prête à le regarder vivre.

Prenons les choses de manière positive : je n'ai plus de choix à faire. Enfin si, mais il est bien plus simple. Midona or not Midona. J'estime avoir le droit de me laisser un petit temps de réflexion. Sans doute besoin de faire le deuil.
Je n'en mourrai pas, ça m'empêchera pas de vivre. On vit très bien avec deux poumons, il paraît.
J'ai juste l'impression qu'on m'a arraché les tripes.

Il va falloir avancer sans lui, ma fille. T'en es capable, faut juste que t'apprennes. C'est pour ça que je ne suis pas certaine que tu doives t'engouffrer dans une histoire-masque. Il faut que tu te fasse face. Tu as le droit d'être heureuse. T'es en train de remonter, c'est pas le moment de faire marche-arrière. Le fond, tu l'as touché plusieurs fois, tu sais où il est, pas besoin d'y retourner.

The end of laughter and soft lies
The end of nights we tried to die
This is the end.


Je chante du Doors en écoutant du Steve Vai. J'arrêterai pas d'écouter Steve Vai même si ça a moins de sens quand il n'est plus là. Apprendre à faire sans lui. Dont ça. C'est compliqué. Pas impossible mais compliqué. Le plus grand fan interplanétaire (au moins) étant Tarabas. Ex-aequo avec moi, évidemment. Si on va par là, il y a des milliards de choses que je ne concevais pas de faire sans lui. J'apprendrai. J'apprendrai à ne pas m'écrouler chaque fois que quelque chose me fait penser à lui. J'apprendrai à sourire en évoquant son souvenir. Nos souvenirs.

Je lui ai donné l'ordre d'être heureux. Parce que je le veux. Vraiment. Tant que ce n'est pas sous mes yeux. Je ne veux pas être spectatrice de son bonheur. Tarabas est la personne à laquelle je tiens le plus. Je serai toujours là pour lui, s'il a besoin de moi. Pour n'importe quoi. Pour l'aider à faire disparaître un cadavre aussi. Pour être témoin de son mariage, peut-être. Enfin là, tout de suite non. Il ne me le demanderait pas, de toute façon. Mais s'il me le demandait, je pense que je le ferai. En fait, il n'y a rien que je pourrais lui refuser.
Et je ne le remercierai jamais assez pour tout ce qu'il m'a apporté. Tarabas est mon double et mon complément à la fois. Tarabas m'a juste rendue vivante.

J'ai du mal à mettre un point final à cet article. Parce qu'il résonnerait trop fort. Écho.
Donc pour terminer en beauté, rien de tel qu'une autocitation. Extraite du premier vrai article de ce blog.

Je vais un peu m'attarder sur la première catégorie. Oui, l'énergumène en question a besoin d'une catégorie à lui tout seul. Mais pour plus de clarté, trouvons lui d'abord un nom à l'animal. Ce sera Tarabas (celles qui ont été hantées dans leur enfance comprendront, les autres s'en contenteront). Tarabas, donc, est le seul homme (puisque c'est un homme, comme tu pouvais ne pas t'en douter) que j'ai aimé de toute ma très courte vie. Six ans de passion destructrice faite de ruptures violentes et régulières, de rabibochages express et fusionnels, de cris, de pleurs, de portes qui claquent, de coups, de séjours à l'hôpital, de réconciliations sur l'oreiller. Bref, un peu chaotique mais tellement savoureux. Après quelques douloureuses, mais non moins infructueuses, tentatives de séparation,  nous avons décidé de faire un bout de chemin chacun de notre côté. Malgré cela, même si je ne ressens plus rien, même si je sais que l'on a fait le tour, je ne peux m'empêcher, derrière des vÅ“ux de bonheur hypocrites, de vouloir crever les yeux à la première fille qui s'en approcherait. Aucune n'est assez bien pour lui. Enfin, mon cher Tarabas, crée donc un mausolée à mon effigie et viens t'y recueillir chaque fois qu'une grognasse cherchera à te mettre en boîte.

La boucle est bouclée.



Météo intérieure
:
Mer d'huile

Dans les oreilles
:
Steve Vai -
For the Love of God

Sous les yeux
:
Des larmes séchées

Par Zizanie - Publié dans : Soliloques
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