Jeudi 4 juin 2009

Je coule. Oui encore. Mais cette fois, j'ai vraiment besoin d'une bouée. Parce que ça peut aller très vite. Je sais très bien faire dans la descente express. Ou comment rejoindre les passagers du vol Air France 447 en moins de deux jours, top chrono.
Putain, j'étais pas si mal, là. Je dis ça sérieusement, en plus. Si on regarde le dernier article, il était consacré à la crème solaire, ou à peu près. Celui d'avant, à Georges, deuxième du nom : mon portable. Et celui d'avant encore, à mon week-end de la mort qui tue (expression Desperate Housewifienne, toujours) avec my funny Valentine. Y'a pire, comme vie.

Et d'un coup, splatch. Crise existentielle, pour changer. Bouhouhouhouhou, personne ne m'aime. Bouhouhouhouhou, j'suis trop moche. Et des larmes, surtout. A flot, ou presque. Rien que ça. Mon corps m'apparait de plus en plus comme une enveloppe grasse et dégoutante que je suis obligée de me trainer. J'ai pas envie de retomber dans l'anorexie, j'ai pas envie, putain. Et je le sens, le coup du demi-yaourt nature par jour. Parce que les purges épuisent mon corps et me donnent des joues de hamster. Alors depuis quelques semaines-mois, je suis tombée dans l'hyperphagie. Et je ne contrôle plus rien, ça me rend folle. J'ai l'impression que je ne suis plus capable de rien, que je n'ai plus aucune volonté, que je suis une vraie loque. Rectification : je suis une vraie loque.

Et puis un non auquel je ne m'attendais pas, quelques pauvres coïncidences qui font que. Et bam, dans la tronche, le coup de cafard.
En réalité, depuis que je vais mieux, le refrain qui me trotte constamment dans la tête, c'est « au pire, je pourrai toujours me foutre en l'air ». Forcément. Et je viens seulement d'en prendre conscience. Que je voyais ma vie comme un sursis. L'issue ne changera pas. Dur de me l'ôter du crâne.

Alors quoi, bordel. Je fais quoi maintenant. Après m'avoir dit de prendre les choses en main - ce que j'ai fait - vous avez quoi comme psychanalyse de comptoir commentaire, en stock ? Pour m'autociter (ouais, je fais ça vachement bien), non seulement j'ai réussi à remonter à la surface, à garder la tête hors de l'eau mais j'ai vraiment l'impression de nager à contre-courant. Mon bonheur, je vais le chercher. J'envisage surtout son existence, quelque part, un peu plus loin, là. Et rien que ça, c'est un progrès énorme.

Sauf que là, je me dis que tous ces efforts n'ont pas payé, et que si je devais m'arracher la gueule à le chercher, sans être sûre d'arriver à l'atteindre, autant que je baisse les bras et que je le laisse aux plus courageux. Je craque là, c'est au-dessus de mes forces.
Tout ça pour ça. Le concours, l'arrivée inattendue de Jolene dans ma vie, son rayonnement contagieux, mes efforts pour me sociabiliser, pour aller vers les autres, pour presque accepter qu'ils viennent vers moi.

J'ai levé le pied sur tous les psychoactifs dont je m'imbibais. Je ne bois plus seule, par exemple. Ou alors si, une bière devant un match de foot. Ouais, je suis une fille très cliché, en fait. Ouais parce que ça, par contre, j'ai pas encore réussi à m'en sortir : je regarde des match de foot toute seule, en tête à tête avec la télé, si, si. Et ça ne m'empêche pas de hurler sur l'arbitre. Je vous jure que je me soigne. Beurk le foot. Bref. Donc je ne bois qu'avec des gens, pour en venir au fait. Je franchis de moins en moins les lignes blanches (et non, je ne passe pas mon permis). Dans le même genre, je poste moins de cartes postales (comprendre : je colle moins de timbres). Moins de bonbons qui font sourire (et pas que) mais sans ordonnance. Les moments où je me gave de saloperies deviennent de plus en plus rares, voire rarissimes, voire inexistants. Et j'en suis plutôt fière, pour le coup, même si ça me manque, je ne vais pas non plus le cacher. J'étais rien d'autre qu'une mule, ou à peu près. Sauf que c'est mon sang, qui était chargé. Z'imaginez pas le nombre de moustiques toxicos, maintenant. Z'avaient qu'à pas me piquer, ces enculeurs de mouches.

Je me suis presque pas fait peur. J'étais en plein dedans et je trouvais ça presque normal. Certes, il y avait toujours la cousine de la p'tite voix, j'ai nommé la lucidité, qui me tapait sur l'épaule, mais je ne voyais aucune raison de m'en passer. Et très étrangement, c'est quand j'ai rencontré Jolene, qui carburait volontiers aux mêmes saloperies, qui ne me faisait aucun reproche que j'ai quasi tout arrêté. Je fonctionne bizarrement, je sais.



Météo intérieure : Naufrage

Dans les oreilles : Pink - Sober

Sous les yeux : Des larmes

Par Zizanie - Publié dans : Soliloques
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