Vendredi 10 juillet 2009
5
10
/07
/2009
06:02
Faut croire que j'avais pas fait assez de conneries, ces derniers mois.
Dimanche dernier, c'était l'anniversaire de Jolene. Parce que ça m'arrange, je lui propose de le fêter le samedi soir, avec Schtroumpf grognon et tribu. La soirée se passe sans anicroche. Je me
retrouve très vite avec quatre grammes dans chaque bras, à vue d'alcootest. Et les quelques trous noirs qui vont avec. Jolene est contente, c'est tout ce qui compte. Au petit matin, on rentre
chez moi. Avance rapide. Elle finit par s'endormir. Je me casse. Je vais rejoindre une copine qui m'a proposé un pique-nique improvisé sur les quais. Avec plein d'autres gens que je ne connais
pas.
Jusque-là, rien de grave. Ou presque. J'aime pas les inconnus. Sauf que le bout de quai qu'elle a réservé habite juste à côté de chez Ministal. Et qu'évidemment, je n'ai rien trouvé de mieux à
foutre que de l'inviter. Genre « oh j'ai un pote qu'habite à côté, tiens si je l'appelais ». Pour prendre des nouvelles, tout ça. Tout ça. Pfff.
C'était dans mon horoscope, la dame elle m'a dit d'entretenir mes relations. Alors j'entretiens. Mais comme j'ai pas vraiment la main verte, je fais ce que je peux.
Je présente Ministal à la copine et aux inconnus, qu'elle me présente aussi, d'ailleurs. Comme dans tout pique-nique digne de ce nom, on mange. Mais surtout, on boit. Trois gobelets de lambrusco
plus six bières tièdes plus quatre ti-punchs plus tard, épongés par quelques pauvres tomates-cerises, j'ai atteint le niveau « j'arrive plus à marcher ni même à tenir debout, je ne contrôle
plus ce que je raconte, d'ailleurs je m'en rends même pas compte : on peut dire que je suis bourrée ». Et il est à peine vingt heures. Puisqu'on a décidé de commencer le pique-nique en
fin d'après-midi.
Jolene s'est réveillée, j'ai déjà quatre appels en absence sur mon téléphone. Je suis trop occupée à me donner en spectacle pour m'en rendre compte. Je crois que tout le quartier a été mis au
courant de mes péripéties. J'ai commenté ma pause pipi en direct des buissons, à qui voulait l'entendre (ou pas, d'ailleurs) en ces termes : « c'est chaud et ça mousse ». Non,
lecteur, tu penses bien que je ne vais pas t'épargner les détails. Il en aurait fallu bien plus pour que je fasse honte à Ministal, alors je ne vois pas pourquoi tu y échapperais.
Ensuite, ben j'ai joué ma princesse. J'ai prétexté que j'avais atrocement mal au dos pour avoir un massage d'un bel inconnu un peu moins inconnu. Que j'ai eu. C'est fou comme j'ai le sens du
contact avec si peu de sang dans l'alcool. Il se réchauffe vite, le glaçon. Et puis comme le bel inconnu un peu moins inconnu m'interroge sur ma relation avec Ministal, je lui déballe à peu près
toute l'histoire. Alors que c'est le genre de chose que j'ai tendance à garder pour moi. L'alcool délie les langues. Je n'ai plus le moindre contrôle sur ce que je dis. Heureusement que Ministal
est là, je n'aime pas être dans cet état avec des gens en qui je n'ai pas confiance. Il s'efforce de me faire taire. Il apprend quand même l'existence de Jolene. Mon départ dans le Grand Nord
Hostile, la fin de l'ère tarabesque. Ben quoi, je n'avais pas eu le temps de lui faire une mise à jour en privé.
Le bel inconnu mais surtout très con a les hormones qui fusent dans tous les sens quand il apprend que je suis avec une fille. Il devient vulgaire. Je lui fais comprendre que je lui aurais bien
donné mon cul s'il avait été moins con. Il le prend mal, les hormones, sans doute. Il demande à Ministal de me tenir tranquille. Evidemment, je n'apprécie pas. Et on en vient aux mains. L'alcool
décuple les forces, et bizarrement me fait tenir sur mes jambes. Balayage. Comme il ne s'y attend pas, il tombe, ce con. Des relents d'école primaire, où j'étais une vraie petite bagarreuse. Même
pas peur des représailles. Ministal beaucoup plus. Il m'attrape, attrape mes affaires et m'emmène. Loin. Genre chez lui.
Evidemment, je suis un poil énervée. Evidemment, je m'énerve contre lui. Evidemment, je lui saute dessus. Il est une heure du matin. Jolene a déjà laissé trois messages sur mon répondeur. Je dois
passer chercher un papier à la fac le lendemain. Ça tombe bien, il habite juste à côté.
Réveil difficile. Malaise. Je ne me souviens pas de tout. J'envoie un message à Jolene pour la rassurer. Je lui dis que j'ai dormi chez mes parents. Je ne suis plus à un mensonge près. Il vaut
mieux éviter d'être trop honnête. Ça n'apporte que des emmerdes. Même si. Elle dit qu'elle n'est pas jalouse. J'ai pas envie de lui expliquer. J'ai la gueule de bois. L'appartement est glacial.
J'ose rien dire, Ministal non plus. Youhou.
Météo
intérieure : Froid polaire
Dans les oreilles : Justin(e) - Régulièrement Pop-Corn
Sous les yeux : Les messages de Jolene