Longue journée. A rester seule à la maison. A me prendre pour une desperate housewife. Ou pas. Pas, en fait. Pas de tâches ménagères. Rien de tout ça. J’étais juste toute seule, vautrée devant la bécane.
J’ai joué. Un peu. Un tout petit peu.
Parce que je me suis décidée à bosser un peu mon exposé pour la semaine prochaine. Si, si. Pour de vrai. Un peu. Mais c’est parce que le sujet me passionnait. Que je n’avais pas besoin de me forcer. Que je savais presque ce que j’avais à faire.
La bibliographie est tapée. Le plan est fait. L’intro aussi. Me reste à compléter un peu. Et à rédiger la conclusion. Ça c’est exactement le genre de truc rébarbatif que je rechigne à faire. C’est tellement con, une conclusion. Toujours la même chose. Rien d’intéressant.
Ai envoyé un mail à Krik Manivelle pour lui soumettre mon plan. Oh oui, soumets-moi. Oups, je m’égare. J’aurais pu lui envoyer par mail vu que j’ai tout rédigé directement au clavier. Mais je ne vais pas me priver de le voir en vrai. Non mais. Miam.
Et puis c’est aussi histoire de m’obliger à terminer mon truc avant samedi. Je ne vais pas me pointer les mains dans les poches.
Faut que j’aille rendre les bouquins que j’ai même pas lu à la BU. Si elle est ouverte.
Enfin s’ils arrivent à l’ouvrir. On va encore avoir droit aux vigiles. Bordel.
Ta gueule, Zizanie. On a dit que tu t’abstiendrais de donner ton avis. Donc tu fermes ta gueule.
Bref. Là j’essaye vaguement de lire les cours qui n’ont pas pu se dérouler. En vain. Aucun intérêt. Je n’ai pas envie de faire l’effort de comprendre des phrases alignées les unes à la suite des autres. Je ne sais même pas de quoi ça parle. Ou si peu. Ben j’ai le titre quoi. Et ça s’arrête là.
Tarabas m’a fait une nouvelle crise au téléphone parce que je n’avais pas décroché. Ni ne l’avais rappelé. Il a changé. Et je n’arrive pas à le cerner. Il est différent. Plus présent. Trop présent.
Ça ne peut plus durer. Je commence à étouffer. Z’allez dire que je déconne. Peut-être mais je le ressens comme ça.
Il faut que je lui en parle. Je n’ai pas le droit de nous laisser pourrir sans rien faire. Pas nous. J’ai déjà détruit tellement de choses. Je nous ai fait beaucoup de mal.
Ah ben si je commence à dire « nous », ça ne va plus du tout. Bref, tout ça pour dire que je ne peux pas m’en foutre. Parce que justement c’est Tarabas.
Rah, je m’énerve. Je déteste cette Zizanie-là. Cette Zizanie dépendante. J’ai peur de perdre mes ailes. De me perdre.
Ma petite voix me dit que le mur se rapproche dangereusement. Que je vais finir par craquer. Par tout foutre en l’air. Comme d’habitude.
Mais pour une fois, je n’en ai pas envie. Vraiment pas.
Je vais devenir dingue. Il me rend dingue.
Il me hante. Nuit et jour. C’est plus possible. Je pense constamment à lui.
Résultat : Allo Ministal ? Tu fais quoi ce soir ? Rien ? Ah ben parfait. Je peux venir boire un verre chez toi ?
Je ne sais même pas qui a parlé de verre puisque je lui ai sauté immédiatement dessus.
C’est Zizanie ça. Elle n’a pas trouvé d’autre moyen pour se rassurer. Terriblement pathétique.
Pour conclure, je me suis tapée Ministal, il m’a ramenée chez moi (enfin chez Coloc’) et je me suis fait une monstrueuse crise de boulimie. Je me dégoute. Retour à la case départ. On ne s’en sortira pas. J’abandonne.
Coloc’ n’en avait rien à taper. Il était focalisé sur son écran. Et les larmes ont recommencé à couler. J’ai réussi à les ravaler. Avant qu’il ne se retourne.
Il est monté dormir. C’est limite s’il faisait la gueule. Je ne sais même pas pourquoi.
On se calme, grognasse. Et on va dormir. Enfin, on va faire autre chose. Parce que j’ai pas envie de dormir. Mais on verra ça demain. Ça ne sert à rien de se prendre le chou maintenant. Allez zou. Va jouer. Va t’enfermer dans ta bulle. Tu te feras moins mal.
Météo intérieure : Brouillard
Dans les oreilles : Guns N’ Roses - Patience
Sous les yeux : Mes cours (ou pas)
Par Zizanie
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Publié dans : Soliloques
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